Jour 86 – 93 : Traversée de la Suisse avec les copains

Un nouveau voyage qui commence : après presque 3 mois à tourner les jambes en solitaire, les copains vont rouler à mes côtés. Et on en n’est pas à notre première : l’été précédent nous étions déjà tous ensemble à rouler au milieu des vignes alsaciennes. En Suisse il y a de nombreux itinéraires vélos tracés, notre idée c’est d’emprunter la route des lacs pour rallier la France.

Jour 86 : Zürich – MeierKappel (49Km – 580D+)

Décollage imminent de Zürich mais avant de partir on va quand même visiter un peu la ville. Bon, je préviens les réglages de mon téléphone étaient encore un peu bizarres sur les premières photos mais ça n’empêche pas de montrer que c’est pas si mal Zürich, au bord de son lac.

Histoire de ne pas avoir de mauvaise surprise dès le début, on harnache nos vélos avec ce beau câble de 10m (Oui oui, 10m !!!) acheté l’année précédente. Et c’est parti pour flâner dans le rues de Zürich.

C’est sympa, assez classe, en mode Suisse quoi et au cas-où on aurait oublié dans quel pays on se trouve, il suffit de lever la tête pour voir le drapeau rouge à la croix blanche (pas celui de la Savoie, l’autre).

Après notre petite ballade en ville, on retourne chevaucher nos montures pour s’élever dans les hauteurs et se diriger vers le prochain lac : Zugersee.

La route alterne entre bandes cyclables, pistes cyclables et chemins en forêt. Pas beaucoup de circulation, c’est plutôt agréable et les loustics sont vachement bien disciplinés. Regardez-moi ça :

Etrangeté des circonstances, on se retrouve à passer par Baar, Baar c’est aussi un village en Alsace par lequel on était passés un an plus tôt. Faut le faire pour avoir deux villes qui s’appellent comme ça, parce qu’on est d’accord qu’ils ont fait une faute de frappe sur les deux a ?

Pour ce premier jour en Suisse c’est le grand luxe, on a le droit à une voiture pilote qui s’occupe de trouver un camping et réserver le meilleur emplacement. Mans et Séb prennent les devant et on se retrouve le soir avec toute la brochette. Ce soir c’est camping à la ferme mais attention camping à la ferme ne signifie pas dormir dans des bouses, surtout pas en Suisse.

Et là je peux vous dire qu’il est vraiment top ce camping : un propriétaire super sympa, de la place, des sanitaires propres et clou du spectacle : un mini-bar avec de la bonne bière !!!

Alors on ne va pas se priver : bière, pastis, pique-nique et tarot au programme… Et en bonne compagnie : Carlos et Marine, exilés en Suisse, nous rejoignent pour cette soirée.

Bien évidemment on reste raisonnables, il faut repartir rouler le lendemain.

Jour 87 : MeierKappel – Alpnach (39Km – 750D+)

Après une nuit un peu agitée avec la foudre qui frappe aux alentours depuis la veille au soir, c’est petit-déjeuner festif : c’est l’anniv’ de Nini !!!

Le calme matinal va vite être troublé par dame nature : on se prend une belle averse comme on les aime (ou pas) en pleine désinstallation du campement. C’est branle-bas de combat : on essaie de sauver ce qu’on peut de la pluie et on s’abrite au plus proche : les uns sous le toit du bar les autres dans la voiture. Sauf qu’on (Nini pour être honnête) se rend compte qu’on a oublié deux trois détails : un duvet qui traîne, une tente encore ouverte… Mais bon c’est quand même rigolo ces moments entre potes, on est bien dans notre voiture, serrés comme des sardines.

Une fois le calme revenu (un peu plus tard quand même), on finit de ranger notre bazar et on entame la journée vélo dans la campagne Suisse. Elle est mignonne cette petite campagne, mention spéciale pour les bottes de foin chamalow !

Attentifs à la météo, on profite d’une petite éclaircie et d’un sommet de colline plutôt bien exposé au vent pour faire sécher partiellement les affaires. Ca fonctionne plutôt pas mal même si on ne repart pas avec du linge aussi sec qu’en sortie de sèche-linge. Toinou et Camillou sont à la manœuvre !

Après avoir roulé jusqu’à Luzern, c’est l’heure de la pause déjeuner, du séchage complet des affaires… et des cyclistes éprouvés par cette météo humide. Les gens passent et nous regardent souvent avec un petit sourire et parfois avec l’air de se dire : « Mais qu’est ce qu’ils font là les pouilleux ? ». En tout cas c’est le genre de moment qu’on apprécie !

Dur dur de repartir mais quand faut y aller ! On traverse rapidement Luzerne qui semble bien touristique et on continue le long du lac.

Alors le long du lac ça ne veut pas dire forcément en ligne droite : ce lac est bien biscornu (oui ce mot est encore utilisé) donc on suit les pistes cyclables qui nous guident au travers des villages et autres quartiers résidentiels.

La météo est toujours assez instable et on finit la journée comme on l’a commencée : sous la pluie mais heureux !

On arrive quand même à attraper une courte fenêtre météo pour ne pas monter la tente sous la pluie et ça, ça a son importance !

Jour 88 : Alpnach – Brienz (57Km – 1370D+)

Ca ne s’appelle pas la route des lacs pour rien, aujourd’hui on va partir d’un lac, en longer deux autres pour allez dormir au bord d’un 4ème.

La météo n’est pas encore au beau fixe mais bon pas bien grave et comme ça on profitera encore plus du soleil quand il fera son retour.

Rapidement la piste cyclable nous fait traverser une piste d’atterrissage, pas hyper rassurant : entre l’avion et le cycliste j’ai une petite idée de celui gagne en cas de collision. On prend quand même le temps de regarder des militaires (et oui, les militaires Suisses ça existe apparemment) qui s’entraînent à monter et descendre d’un hélicoptère. Par groupes de 2 ou 3 ils grimpent dans la machine, l’hélico décolle, fait un petit tour au-dessus de nos têtes puis il se repose au sol pour que les suivants grimpent à leur tour. Assez fun comme balai !

C’est assez varié comme terrain, on passe de la piste cyclable plate en bord de lac à la petit grimpette pour passer au lac suivant avec quelques passages qui tournicotent.

Et comme il n’y a pas le feu au cul du lac on prend le temps de s’arrêter pour admirer les ptits coins sympas comme cette cascade. Parce que oui vous comprenez, on est un peu en manque d’eau donc voir une cascade ça nous fait du bien.

Et la pause du midi c’est sacré… Donc on fait ça sur le parapet d’une église !

Et franchement c’est 4* comme installation : à l’abri avec table et sièges inclus dans la prestation. Bon l’erreur c’était peut-être de s’arrêter avant une grosse montée, en même on venait d’en finir une (une montée peut en cacher une autre) et il fallait bien refaire le plein de carburant.

Une belle montée sur un chemin loin de la circulation qui nous permet d’avoir une vue sur le lac longé le matin, c’est beauuuuu !

Après une journée avec beaucoup de grimpette on savoure bien la dernière descente, la partie d’échecs et la plaine qui nous mène jusqu’au dernier lac du jour : Brienzersee.

Les campings sont relativement bondés, on se trouve une petite place pour nos deux tentes à deux pas du lac.

Jour 89 : Brienz – Spiez (42Km – 1000D+)

Quand je vous parlais du retour du beau temps ce n’était pas un mythe, il est bien là ! Et le lac avec le soleil ça a quand même une autre tronche. On dirait qu’ils ont changé l’eau du lac pendant la nuit pour y mettre de l’eau turquoise.

Et ça tombe bien que le décor soit top parce qu’aujourd’hui on ne va pas quitter les lacs. Petite motivation en plus, ce soir on récupère une nouvelle compagnonne (ça ne se dit pas ?) de route : Chacha !

Une fois de plus on s’élève dans les hauteurs parce que oui longer un lac ne signifie pas forcément faire du plat, des beaux passages sur des chemins en gravier.

Premier stop : une superbe cascade ou plutôt des superbes cascades, on prend le temps de poser les vélos pour se dégourdir les jambes.

On est pas tout seuls à profiter du beau temps : pas mal de cyclistes qui se promènent en couples ou en famille.

Je ne sais pas si c’est le soleil qui nous tape sur la tête ou la pluie des derniers jours qui s’est infiltrée dans nos caboches mais on voit des panneaux bizarres : un panneau qui indique qu’on risque de tomber d’une falaise en vomissant… Bizarres ces Suisses !

En continuant notre route, on profite des points de vue sur le lac et des paysages qui nous entourent. Au détour d’une petite route de campagne une jolie maison avec grand jardin et panorama idyllique. On s’imagine déjà habiter là avec les copains, on commence à rêver et faire des projections sur la façon dont on aménagerait l’endroit.

Une fois la bosse passée, c’est l’heure de redescendre au bord de l’eau et quelle descente ! Une belle pente à 20%, autant vous dire qu’en quelques minutes on se retrouve en bas. A leurs visages, ça semble moins drôle pour les personnes qui roulent en sens inverse.

On déniche encore un endroit au top pour pique-niquer, les pieds dans l’eau avec vue sur un couple de chinois qui font leurs photos de mariage et surtout vue sur les belles montagnes.

Prochain point de passage : la ville d’Interlaken qui, comme son nom l’indique, se situe entre les deux lacs. Ca nous change de nos chemins ou petites routes de campagne où il y avait assez peu de monde : ça grouille ici ! On passe assez rapidement au travers de la ville mais le cadre est beau : à côté des lacs avec vue sur les sommets de 4000m.

Chacha arrive à la gare de Spiez et doit nous rejoindre, pas de camping juste à côté de la ville : il faut remonter dans les hauteurs pour en trouver un. Premier faux espoir, le camping repéré n’en est pas un c’est un espèce de village de mobile homes et de caravanes. Il faut donc faire encore un peu tourner les jambes pour trouver un camping perché plus haut.

Le camping est très sympa, il y a de la place par contre on apprend à nos dépends que tout est payant en Suisse : l’eau chaude pour faire la vaisselle ou encore l’accès à la petite piscine. Heureusement ça ne nous coûte rien de faire sécher le linge sur le grillage de la piscine. Et en passant on fait un belle présentation de notre collection printemps / été.

Jour 90 : Spiez – Gstaad (57Km – 1090D+)

Aujourd’hui c’est la journée sans lac : on va rallier la célèbre station de ski Suisse de Gstaad !

On démarre par une superbe route de campagne sans trafic, ça fait toujours plaisir de rouler dans ces conditions.

Mais on revient vite à la réalité avec une belle montée qui s’annoncer pour rallier Gstaad, réunion de crise au pied de la montée. Avec la fatigue accumulée des derniers jours on se demande qui est prêt à faire la montée à vélo, finalement Camillou va prendre l’option train pour économiser des forces et au passage nous permettre de réserver une place dans un camping. Ca rigole pas les trains ici parce que ça grimpe !

La montée est dure mais l’équipe est motivée pour ne pas dormir dehors ce soir donc ça avance.

On finit par basculer dans la petite descente qui signe la fin de la journée, Camillou nous attend dans un camping. Heureusement qu’elle est partie en éclaireur parce qu’il ne restait plus beaucoup de place : on finit coincés entre deux familles qui sont là pour la compétition de course d’orientation qui a lieu ce week-end.

Ah oui, et on apprend aussi que certains supermarchés n’ont pas le droit de vendre de l’alcool ici donc on se retrouve à faire les courses dans deux supermarchés différents : un pour l’alcool l’autre pour la nourriture.

Jour 91 : Gstaad – Châtel St-Denis (68Km – 980D+)

On ne peut pas gagner à chaque fois, après deux magnifiques journées de beau temps on retrouve notre amie la pluie de bon matin. Alors on s’équipe en conséquence, on ne rechigne pas et on reprend la route avec le smile.

Je vous présente le fameux vélo sac poubelles, quand on n’a pas de sacoches étanches on s’adapte.

Au moins la pluie ça nous donne envie d’avancer, on a toujours l’espoir d’aller en direction du beau temps donc on pédale plus vite (et figurez-vous que ça va être le cas aujourd’hui).

Même si on ne traîne pas, on prend quand même le temps d’admirer les jolis villages de la campagne / montagne Suisse. Et aussi le temps de faire réparer Bleu du Vercors une dernière fois dans un magasin du coin parce que la roue arrière n’est vraiment plus dans l’axe (et ça roule beaucoup moins bien comme il dirait). Fait assez rigolo : on passe un col qui nous fait quitter la Suisse alémanique pour la Suisse Romande et la démarcation est assez franche. On passe d’un village où tout le monde te salue avec des « Hallo » à un endroit où les gens te balance des « saaalut », avec l’accent c’est génial.

Alors oui je vous le disais on n’est partis avec le smile une fois de plus mais je ne vais pas vous cacher que dans la bande il y a les triple champions du monde en titre de ralage : j’ai nommé Toinou et Camillou. Et quand ils commencent a en avoir plein les pattes, le sourire laisse parfois (mais jamais bien longtemps) place à de magnifiques grimaces. Et ils n’oublient pas de me rappeler qu’ils avaient choisi l’itinéraire de la route des lacs parce que c’était censé être un itinéraire plat (alors oui je l’avais vendu comme l’itinéraire le plus plat mais tout est relatif 😉 ). C’est comme ça qu’on les aime les copains !

Comme annoncé, on finit par faire tomber les couches pour retrouver les manches courtes et former un magnifique peloton digne du tour de France histoire de profiter de l’effet des groupe et sauver de l’énergie. Nico et Chacha mènent le train pour emmener la petite troupe.

Une journée de plus en belle compagnie et une nouvelle nuit en camping. C’est fou comme la fréquentation varie d’un endroit à un autre, on est tranquilles dans notre camping perché sur les hauteurs du lac Léman.

Jour 92 : Châtel St-Denis – Thonon Les Bains (69Km – 700D+)

Surprise du matin : un renard est venu piocher dans les réserves de nourriture, en même temps il a raison les fruits secs c’est bon. On ne peut pas lui en vouloir…

Le but de la journée est très clair : arriver en France !!! C’est assez simple, il suffit de descendre au bord du lac Léman puis longer le lac jusqu’à Thonon les Bains. Pour cette avant-dernière étape, un nouvel invité surprise qui a émigré en Suisse et qui va rouler avec nous : M. Cazaud.

Ca nous change de nos pistes cyclables en pleine pampa et autres routes de campagne, au bord du lac il y a du peuple.

Bon on ne va pas se le cacher : même si on voit des lacs depuis une semaine c’est toujours avec émerveillement qu’on en découvre un nouveau… Surtout quand il est bordé de belles montagnes.

On traverse les villes côtières : Montreux, Veuvey sans oublier un passage et arrêt au château de Chillon qui vaut le détour.

Et forcément on n’y coupe pas, on prend notre photo d’équipe devant le beau monument.

Derniers tours de roue en Suisse, on passe à St Gingolph. C’est rigolo ça ressemble vraiment à un petit port comme en bord de mer.

Enfin la France est là, juste devant. Mine de rien ça fait plus de 2 mois que j’ai quitté le pays, ça fait toujours bizarre de revenir. Morgan nous dit au-revoir et rebrousse chemin pour rester dans son pays adoptif.

Au niveau pistes cyclables c’est vite le dur retour à la « réalité ». Après de supers aménagements en Autriche puis en Suisse, ça fait bizarre de revenir ici où la place du vélo est encore trop timide… Mais bon on ne boude pas notre plaisir de finir ce petit bout de chemin ensemble.

Et comme ça faisait trop longtemps que je ne m’étais pas retrouvé seul je trouve la bonne idée de tourner discrètement à gauche pour prendre un itinéraire indiqué plus sportif alors que le reste du groupe a continué tout droit. Puis on prend une belle averse et c’est un peu la guerre : on se téléphone mais le groupe a fini par se diviser en trois. Finalement on se retrouve après cette courte séparation.

On arrive à Thonon, Nini le local de l’étape nous guide à l’approche de la ville. Et là il faut discuter de la suite, le contrat est rempli pour les copains : on a traversé la Suisse et d’une belle manière. En plus on passe en alerte orange aux orages dans la soirée alors autant vous dire qu’ils préfèrent dormir au chaud. Ils essaient de me convaincre de venir faire soirée à Grenoble mais vous vous doutez bien que, têtu comme je suis, je préférais dormir une nuit de plus en tente pour boucler la boucle et rentrer à la maison à la force des jambes.

Ils me laissent de la nourriture et n’insistent pas plus que ça, ils ont compris que ce n’était pas la peine. On se dit à dans quelques jours, tous contents d’avoir fait ce bout de chemin ensemble après notre semaine alsacienne l’été précédent.

Je trouve un camping dans les hauteur de la ville, il est désert et la tempête me laisse juste le temps de planter la tente avant de rappliquer. On est bien au chaud et au sec dans une tente quand même.

Jour 93 : Thonon Les Bains – La Clusaz (78Km – 1830D+)

Finalement je vais finir cette aventure comme commencée : seul avec mon vélo. Ca fait bizarre, en une semaine je me suis rapidement ré-habitué à vivre en groupe et à prendre cette petite routine commune qui convient à tous. Bizarrement je me rend compte que l’appareil photo n’est pas sorti de la journée sauf pour immortaliser l’arrivée à La Clusaz. Bizarre… mais pas tant que ça, aujourd’hui je suis dans ma tête, je ne regarde plus le paysage comme les jours passés, je me pose pleins de questions : est-ce que tu as trouvé ce que tu cherchais dans ce voyage ? Est-ce que c’est la meilleure décision que tu aies prise de ta courte vie ? Si c’était à refaire tu le referais ? Les questions fusent, les réponses paraissent évidentes. Oui je ressens un accomplissement, un bien-être intérieur, une certitude, celle d’être taillé pour l’aventure, de vouloir découvrir encore plus de ce monde mais aussi une appréhension des semaines à venir, une appréhension de la gestion du vide, cette absence de la routine construite au fil des jours et si précieuse pour durer et tenir la distance.

Pays du reblochon, je suis revenu !

Finalement j’arrive chez les grand-parents, ne sachant pas quoi raconter, par quoi commencer. Tout ça est encore trop frais, compliqué de se livrer immédiatement alors que l’euphorie n’est pas encore retombée.

Alors je profite de l’instant, d’être là, assis dans un canapé, avec des êtres chers, avec nos montagnes juste en face, ces montagnes qui nous apportent tant.

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